Hécatombe immobilière
Espagne
03/05/2007 - François Musseau (à Madrid) - Le Point
E nrique Bañuelos, un Valencien qui trouve plus chic de vivre à New York
qu'à Benidorm, était le roi Midas de l'immobilier espagnol. Un de ces
nouveaux multimillionnaires du « ladrillo » (la brique) dont la société,
Astroc, faisait pleuvoir les millions à chaque nouvelle opération lancée sur
le littoral méditerranéen, de la Costa Brava à l'Andalousie. Et qui, à force
de toucher de l'or, avait pu gagner jusqu'à dix fois sa valeur en un an.
Patratas ! Le beau sourire du Spanish golden boy s'est figé au moment d'une
hécatombe boursière : en quelques heures, Astroc a perdu 43 % de sa valeur.
Soit, depuis fin février, une baisse accumulée de... 76 %. La firme de
Bañuelos a entraîné dans sa chute une demi-douzaine de colosses immobiliers
ibériques, tels Colonial, Fadesa ou Metrovacesa...
La bulle immobilière se dégonfle. Pour la première fois, après une décennie
d'insolente santé, un vent de panique souffle sur le secteur phare de
l'économie espagnole. Il y a en effet de quoi s'inquiéter : pilier de la
forte croissance nationale (qui tutoie les 4 %), le secteur du ladrillo pèse
16 % du PIB - contre 9 % dans l'UE. Et constitue la principale valeur-refuge
des Espagnols. Pourtant, le gouvernement Zapatero et les spécialistes
relativisent, estimant qu'il s'agit là d'un « processus de correction »
vis-à-vis d'un marché boursouflé. On estime que les prix du logement sont
surévalués de 30 %. L'ère des spectaculaires fortunes immobilières semble
révolue.
http://www.lepoint.fr/content/econom...html?id=181536