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  #1  
Old 04-07-2004, 11:37 AM
Jean
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Default La faillite de la France : le défaut de démocratie (2)

La faillite de la France : le défaut de démocratie (2)



Il est grossier voir imprudent dans une république digne de ce nom
de vouloir réussir des réformes sans un débat libre et ouvert et sans
le conscentement des citoyens. C'est malheureusement souvent le cas.
La raison d'une telle abération politique tient à une théorie de la
représentation politique bancale et partiale. Une théorie qui
constitue malgré tout la justification de la république représentative
actuelle.


Qu'est donc cette théorie de la représentation politique ?

Le principe veut que : "Le citoyen d'une démocratie ne peut avoir, par
la seule vertu de son droit de vote, aucune influence réelle dans le
choix des dirigeants. La démocratie représentative n'est, depuis
l'universalisation du suffrage, en état de fonctionner que par le
moyen de partis qui viennent servir de courroie de transmission entre
le citoyen et l'Etat." (1)

Elle se construit sur plusieurs éléments :
- une limitation stricte de la participation du peuple ;
- un statut juridique favorable au système de partis ;
- un mode de scrutin électoral à géométrie variable, etc.

Ainsi "la démocratie représentative exclue toute intervention directe
du peuple autre que celle de la désignation des représentants. Ce
régime représentatif n'est pas nécessairement démocratique et de fait
ne l'a pas été avant l'établissement du suffrage universel." (1)

Sur le plan juridique la constitution reconnaît le rôle (non-exclusif)
des partis politiques dans l'expression d'un choix national :
-art. 3 "La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce
par ses représentants et par la voie du référendum.
-art.4 "Les partis et groupements politiques concourent à l'expression
du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils
doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la
démocratie.(...)"

De la même manière beaucoup de constitutions consacrent dans le texte
le statut particulier des partis. La loi fondamentale allemande de
plus "prévoit la possibilité de faire prononcer l'inconstitutionnalité
et l'interdiction des partis qui chercheraient à porter atteinte à
l'ordre fondamental, libéral et démocratique, de la [République]."(1)

Cependant on s'aperçoit vite que le système des partis est
indissociable du mode du scrtin du système électoral. Selon D.W. Rae,
les majorités parlementaires d'un seul parti, qui sont assez rares,
sont le plus souvent fabriquées par la loi électorale. Et il n'est pas
rare de voir au pouvoir des partis qui ne représentent pas la
diversité et l'opinion de la population ; loin de là !


Un principe représentatif flou et contreversé

Dans l'ancien régime on connaissait un système de représentation
organique dans lequel la personne du roi incarnait l'Etat.
Il faut distinguer cette notion transcendante de représentation de la
notion pratique du représentant lié au mandataire par un mandat
impératif et révoquable. C'est cette notion que l'on retrouve dans le
domaine des affaires commerciales ou civiles.

La notion de la représentation parlementaire moderne se situe entre
les deux. Le député supporte de lourdes responsabilités
contradictoires.
Il hérite d'une fiction transcendante qui fait de lui un serviteur
d'une certaine "nation" et de la justification formelle d'être le
représentant de la communauté qui l'a désigné.
Il est mandaté, par le biais facile des promesses électorales, pour en
défendre les intérêts. Ce député moderne est un janus à deux visage,
il est le vendredi, le représentant de ceux qui l'ont désigné, le
reste du temps se retrouve libre de toute obligation particulière
sinon du devoir moral. Chez lui, il donne des discours sur le service
de l'Etat national et au Parlement ne trouve sa raison d'être que
comme chef d'une communauté locale.

C'est finalement une mauvaise place qu'on lui donne; ce dieu janus est
pris au piège. D'un coté on lui dira : "vous n'êtes pas tenu aux
souhaits de vos électeurs mais votre mission est de veiller à
l'intérêt général de la nation qui est premièrement de permettre la
conquète du pouvoir et l'application du programme politique de votre
parti." De l'autre on lui dira : "Mais que faites vous dans la
capitale, avez-vous oublié les promesses et le devoir que vous vous
êtes donné en échange de notre suffrage ?" Cette ambiguité laisse la
place à toutes les dérives.

C'est dans ce décalage que se situe la fracture politique entre la
volonté du peuple et les choix parlementaires et législatifs.


La pratique d'une représentation sans démocratie

C'est ce qui explique facilement les divergences entre les politiciens
et la société civile. Les uns, par exemple, ne trouvent pas
d'objection à poursuivre un programme d'énergie nucléaire alors que
les autres s'y opposent et souhaite en sortir avec la substitution par
des énergies non polluantes, renouvellables et naturelles. Ou encore,
les uns seront favorables à un modèle économique libéral et
dérèglementé oû les individus et les groupes les mieux préparés seront
favorisés, alors que les autres pensent que la prospérité doit être la
résultante d'une politique économique volontaire et rationelle qui
offre à tous un droit égal au bien-être.

Ces divergences fondamentales entre les représentants et les citoyens
ne peuvent que se renforcer du fait de l'origine sociale, de
l'élitisme et des moyens politico-financiers des candidats à la
députation.

Comme si cela ne suffisait pas on observe d'autres phénomènes pervers
qui éloignent d'avantage l'action des représentants de l'intérêt réel
des citoyens.
Le premier de ces phénomènes agravants c'est le fait du rôle
omniprésent du parti issue d'une légitimité institutionelle exagérée
comme instrument de l'Etat, machine de conquète du pouvoir, et
interlocuteur des lobbys economico-financiers. Le représentant élu par
les citoyen, même de bonne volonté, n'aura que la plus grande peine
d'affronter de front la discipline et les consignes de l'Etat-major de
son parti, sans subir des mesures de rétorsion pouvant remettre en
cause sa carriere et sa vie publique.
Ensuite même dans le cas ou la majorité des membres du parlement
auraient pour même et unique ambition le service du peuple, il
resterait un obstacle de taille. C'est le décalage entre pouvoir
législatif et le pouvoir exécutif qui provoque la plus grande
difficulté à réaliser les intentions et les projets des serviteurs de
la démocratie.

Le pouvoir exécutif, sensé appliquer - par le moyen du gouvernement et
l'administation publique - les lois votées par le parlement dispose de
nombreux moyens d'échapper à cette obligation souveraine. Finalement
les préjugés des administrateurs seront stipulés comme ayant force de
loi à l'intérieur et engagement de la France à l'extérieur. En fait le
ministre - agent pivot du pouvoir exécutif - se retrouve souvent seul
à négocier une foultitude de solicitations et intérêts particuliers,
hors du processus législatif normal. Ainsi il est exposé à toutes les
entreprises de manipulation, a toutes les manoeuvres de corruption
sans contrôle, ni recours réel.
Quelle folie ! C'est la porte ouverte à toutes les aventures, à tous
les desordres, à tous les déficits !


Le défaut de la démocratie française tient dans cette mécanique
tournant à vide.
Des partis tout puissants ne seraient que des appareils pour capter la
confiance populaire et installer au pouvoir des individus qui ne sont
tenus à rien, ni controlé par quiconque !
On comprend bien qu'une telle mécanique ne peut que nuire à ceux pour
qui elle s'impose !

Le moyen existe pourtant d'échapper à cette erreur.

La France dispose d'une alternative inscrite dans l'article 3 de sa
constitution. En faisant référence au référendum, notre démocratie
semi-directe réalise la coexistence de procédures référendaires de la
démocratie directe avec les institutions représentatives.
Pour réformer nos institutions et rendre sa vraie valeur à la
démocratie, ne faudrait-il pas restaurer dans la pratique un juste
équilibre entre le peuple français et les partis qui souhaitent
conserver leurs prérogatives politiques ?

------------------------------------------------
(1)Michel Juhan
Alt 04-07-2004, 11:37 AM
nouvellerepublique.com
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Old 04-07-2004, 12:01 PM
le_troll
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Default Re: La faillite de la France : le défaut de démocratie (2)

Salut,

-1- Partis ou individus (s'il a les reins solides), peut se présenter...

-2- Lol, suffrage universel, ben comme pour élire le Sénat par exemple,
re-lol, idem pour ceux qui sont interdit de vote, difficile d'appeler ça
universel...

-3- Dissolution de l'adversaire, ça existe aussi ici, le FN en sait quelque
chose par les tentatives et les amendes...

-4- L'élitisme des représentants, tu ne peux quand même pas prendre un
illettré et le mettre au finances, faut un juste milieu...

Conclusion, c'est pas un forum de science po, mais ce n'est pas
inintéressant, c'est même bien pire que tu le dis...
--
Merci, @+, bye, Joe
ng75 arobase noos point fr
------------------------------------------
Avec une hache, celui qui tient le manche a toujours raison !
----------------------------------------------------------


"Jean" <JeandeGrasse@bigfoot.com> a écrit dans le message de news:
d32a2cd9.0404070237.66a8e82e@posting.google.com...
> La faillite de la France : le défaut de démocratie (2)
> Il est grossier voir imprudent dans une république digne de ce nom
> de vouloir réussir des réformes sans un débat libre et ouvert et sans
> le conscentement des citoyens. C'est malheureusement souvent le cas.
> La raison d'une telle abération politique tient à une théorie de la
> représentation politique bancale et partiale. Une théorie qui
> constitue malgré tout la justification de la république représentative
> actuelle.
> Qu'est donc cette théorie de la représentation politique ?
> Le principe veut que : "Le citoyen d'une démocratie ne peut avoir, par
> la seule vertu de son droit de vote, aucune influence réelle dans le
> choix des dirigeants. La démocratie représentative n'est, depuis
> l'universalisation du suffrage, en état de fonctionner que par le
> moyen de partis qui viennent servir de courroie de transmission entre
> le citoyen et l'Etat." (1)
> Elle se construit sur plusieurs éléments :
> - une limitation stricte de la participation du peuple ;
> - un statut juridique favorable au système de partis ;
> - un mode de scrutin électoral à géométrie variable, etc.
> Ainsi "la démocratie représentative exclue toute intervention directe
> du peuple autre que celle de la désignation des représentants. Ce
> régime représentatif n'est pas nécessairement démocratique et de fait
> ne l'a pas été avant l'établissement du suffrage universel." (1)
> Sur le plan juridique la constitution reconnaît le rôle (non-exclusif)
> des partis politiques dans l'expression d'un choix national :
> -art. 3 "La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce
> par ses représentants et par la voie du référendum.
> -art.4 "Les partis et groupements politiques concourent à l'expression
> du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils
> doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la
> démocratie.(...)"
> De la même manière beaucoup de constitutions consacrent dans le texte
> le statut particulier des partis. La loi fondamentale allemande de
> plus "prévoit la possibilité de faire prononcer l'inconstitutionnalité
> et l'interdiction des partis qui chercheraient à porter atteinte à
> l'ordre fondamental, libéral et démocratique, de la [République]."(1)
> Cependant on s'aperçoit vite que le système des partis est
> indissociable du mode du scrtin du système électoral. Selon D.W. Rae,
> les majorités parlementaires d'un seul parti, qui sont assez rares,
> sont le plus souvent fabriquées par la loi électorale. Et il n'est pas
> rare de voir au pouvoir des partis qui ne représentent pas la
> diversité et l'opinion de la population ; loin de là !
> Un principe représentatif flou et contreversé
> Dans l'ancien régime on connaissait un système de représentation
> organique dans lequel la personne du roi incarnait l'Etat.
> Il faut distinguer cette notion transcendante de représentation de la
> notion pratique du représentant lié au mandataire par un mandat
> impératif et révoquable. C'est cette notion que l'on retrouve dans le
> domaine des affaires commerciales ou civiles.
> La notion de la représentation parlementaire moderne se situe entre
> les deux. Le député supporte de lourdes responsabilités
> contradictoires.
> Il hérite d'une fiction transcendante qui fait de lui un serviteur
> d'une certaine "nation" et de la justification formelle d'être le
> représentant de la communauté qui l'a désigné.
> Il est mandaté, par le biais facile des promesses électorales, pour en
> défendre les intérêts. Ce député moderne est un janus à deux visage,
> il est le vendredi, le représentant de ceux qui l'ont désigné, le
> reste du temps se retrouve libre de toute obligation particulière
> sinon du devoir moral. Chez lui, il donne des discours sur le service
> de l'Etat national et au Parlement ne trouve sa raison d'être que
> comme chef d'une communauté locale.
> C'est finalement une mauvaise place qu'on lui donne; ce dieu janus est
> pris au piège. D'un coté on lui dira : "vous n'êtes pas tenu aux
> souhaits de vos électeurs mais votre mission est de veiller à
> l'intérêt général de la nation qui est premièrement de permettre la
> conquète du pouvoir et l'application du programme politique de votre
> parti." De l'autre on lui dira : "Mais que faites vous dans la
> capitale, avez-vous oublié les promesses et le devoir que vous vous
> êtes donné en échange de notre suffrage ?" Cette ambiguité laisse la
> place à toutes les dérives.
> C'est dans ce décalage que se situe la fracture politique entre la
> volonté du peuple et les choix parlementaires et législatifs.
> La pratique d'une représentation sans démocratie
> C'est ce qui explique facilement les divergences entre les politiciens
> et la société civile. Les uns, par exemple, ne trouvent pas
> d'objection à poursuivre un programme d'énergie nucléaire alors que
> les autres s'y opposent et souhaite en sortir avec la substitution par
> des énergies non polluantes, renouvellables et naturelles. Ou encore,
> les uns seront favorables à un modèle économique libéral et
> dérèglementé oû les individus et les groupes les mieux préparés seront
> favorisés, alors que les autres pensent que la prospérité doit être la
> résultante d'une politique économique volontaire et rationelle qui
> offre à tous un droit égal au bien-être.
> Ces divergences fondamentales entre les représentants et les citoyens
> ne peuvent que se renforcer du fait de l'origine sociale, de
> l'élitisme et des moyens politico-financiers des candidats à la
> députation.
> Comme si cela ne suffisait pas on observe d'autres phénomènes pervers
> qui éloignent d'avantage l'action des représentants de l'intérêt réel
> des citoyens.
> Le premier de ces phénomènes agravants c'est le fait du rôle
> omniprésent du parti issue d'une légitimité institutionelle exagérée
> comme instrument de l'Etat, machine de conquète du pouvoir, et
> interlocuteur des lobbys economico-financiers. Le représentant élu par
> les citoyen, même de bonne volonté, n'aura que la plus grande peine
> d'affronter de front la discipline et les consignes de l'Etat-major de
> son parti, sans subir des mesures de rétorsion pouvant remettre en
> cause sa carriere et sa vie publique.
> Ensuite même dans le cas ou la majorité des membres du parlement
> auraient pour même et unique ambition le service du peuple, il
> resterait un obstacle de taille. C'est le décalage entre pouvoir
> législatif et le pouvoir exécutif qui provoque la plus grande
> difficulté à réaliser les intentions et les projets des serviteurs de
> la démocratie.
> Le pouvoir exécutif, sensé appliquer - par le moyen du gouvernement et
> l'administation publique - les lois votées par le parlement dispose de
> nombreux moyens d'échapper à cette obligation souveraine. Finalement
> les préjugés des administrateurs seront stipulés comme ayant force de
> loi à l'intérieur et engagement de la France à l'extérieur. En fait le
> ministre - agent pivot du pouvoir exécutif - se retrouve souvent seul
> à négocier une foultitude de solicitations et intérêts particuliers,
> hors du processus législatif normal. Ainsi il est exposé à toutes les
> entreprises de manipulation, a toutes les manoeuvres de corruption
> sans contrôle, ni recours réel.
> Quelle folie ! C'est la porte ouverte à toutes les aventures, à tous
> les desordres, à tous les déficits !
> Le défaut de la démocratie française tient dans cette mécanique
> tournant à vide.
> Des partis tout puissants ne seraient que des appareils pour capter la
> confiance populaire et installer au pouvoir des individus qui ne sont
> tenus à rien, ni controlé par quiconque !
> On comprend bien qu'une telle mécanique ne peut que nuire à ceux pour
> qui elle s'impose !
> Le moyen existe pourtant d'échapper à cette erreur.
> La France dispose d'une alternative inscrite dans l'article 3 de sa
> constitution. En faisant référence au référendum, notre démocratie
> semi-directe réalise la coexistence de procédures référendaires de la
> démocratie directe avec les institutions représentatives.
> Pour réformer nos institutions et rendre sa vraie valeur à la
> démocratie, ne faudrait-il pas restaurer dans la pratique un juste
> équilibre entre le peuple français et les partis qui souhaitent
> conserver leurs prérogatives politiques ?
> ------------------------------------------------
> (1)Michel Juhan



 

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défaut, democratie, faillite, france

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