Chers amis, il est surprenant que dans une société où les chefs d'entreprise
bénéficient du droit régalien de se déclarer en cessation de paiement en
laissant quelquefois derrière eux un passif colossal à la charge de la
communauté, les premiers qui se targuent d'assumer leurs échecs de décideur
se complaisent parfaitement dans un système qui ne reconnaît pas aux
individus ce qu'il accorde sans limite aux personnes morales, sorte
d'entités comme le sont les sociétés commerciales, elles, qui cumulent,
chaque année, des profits records (1)
D'autant que désormais, le surendettement des ménages n'est plus le résultat
d'une accumulation de crédits mais la conséquence de la chute vertigineuse -
constatée depuis plusieurs années.- de leur revenus On appelle ces nouveaux
débiteurs : les "endettés passifs".Décidément nos politologues et nos
économistes sont doués pour imaginer de nouveaux concepts bien pratiques à
dessein évident de noyer le poisson, de minimiser la dégradation intolérable
des conditions de vie dans ce pays. " Working poor " désigne ceux dont la
tâche essentielle consistent à se mettre au service d'un système qui les
broie et en abuse au profit d'intérêts cupides; « taux d'imposition
marginal » pour désigner les réductions de la réforme fiscale entrée en
vigueur en janvier 2007 en faveur du gratin capitaliste; « bouclier fiscal »
pour désigner l'exonération totale des revenus au delà d'un seuil applicable
en 2007; « niches fiscales » désigne aussi les privilèges dont bénéficient
certaines catégories de contribuables (ne cherchez pas, vous n'y êtes
pas...). Enfin "endettés passifs" pour désigner ceux qui se muent un peu
plus chaque jour en débiteurs étranglés simplement en respirant l'air qu'ils
respirent.
Pour couronner le tout, selon un récent rapport (2) , l'apurement du passif
de ces fameux endettés demeure parfaitement illusoire. Ainsi, 27% des
débiteurs "bénéficiaires" de la législation du 3 août 2003 n'ont strictement
aucune capacité de remboursement, si bien que depuis sa création, sur les
1.100.100 ménages pris en otage par un système qui fonctionne exclusivement
dans l'intérêt des banques et des grandes enseignes, seulement 300.000 sont
sortis de la spirale infernale du surendettement complètement asphyxiés au
demeurant et réduits sans espoir d'améliorations au statut social de «
sous-merde ». Précisons au passage que l'état d'endettement des ménages
demeure plus alarmant encore en Grande-Bretagne (3).
Pendant ce temps, une nouvelle race de capitalistes accapare les aides
publiques (4), pillent les entreprises dont ils prennent le contrôle (5)
avec l'audace de négocier des indemnités pharaoniennes lorsque leur
turpitudes les obligent à démissionner en violation du principe d'ordre
public de la révocation « ad nutum » des Pdg (6) Et nos élus s'étonnent
encore de l'image négative, déplorable de l'Entreprise en France, « cette
espèce de sport de combat, déshumanisant le salarié aussi détesté par les
Français que leur ancêtres détestaient les nobles. » (7)
1.
http://www.blogg.org/blog-31810-date...et-288023.html
2. Il s'agit du rapport de la commission de suivi de la loi du 3 aout 2003
3
http://www.blogg.org/blog-31810-date...et-288023.html
4.
http://www.blogg.org/blog-31810-date...let-333992.htm
5.
http://www.blogg.org/blog-31810-date...et-251314.html
6.
http://www.tpe-pme.com/article.asp?ID=141
7. « Divorce à la française » H. Landier éd. Dunod, 2006.
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Une calotte, une mandale, une mornifle peut être ? Ou, pour les natures
suicidaires, une talmouse ...
Demos le blog ...
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