"esbia" <esbial@tiscali.fr> a écrit dans le message de news:
mn.3b317d6bcadd7752.4336@tiscali.fr...
> Ariel DAHAN a ecrit
>> "www.juristprudence.c.la" <juristprudence@NOSPAM_0nline.fr> a écrit dans
>> le
>>>>Vous percevez en outre par anticipation une "indemnité de
>>>>non-concurrence"
>>>> qui en toute logique ne devrait être ni chargée ni imposable compte
>>>> tenu
>>> de
>>>> son statut indemnitaire.
>>>>> versée pendant l'exécution du contrat de travail, cette "indemnité" ne
>>> serait pas assujettie à cotisations ?
>>> "curieux", mais on en apprend tous les jours ;o}
>>> C'est pourtant le sort de l'indemnité de non-concurrence.
>> Qu'elle soit payée par anticipation ne devrait pas changer la donne.
> Ce n'est pas l'avis de certains de vos confreres qui "chez" moi ont été
> questionné il y a déjà quelques temps sur cette "methode" de gestion des
> CNC
> Il ressort rapidement selon eux que "l'indemnité" etant versée par
> anticipation, a terme fixe et pendant une durée indefinie (la durée du
> CDI) , cela lui fait perdre son caractere indemniatire non chargé, et que
> les risques de reintegration (fisc/Urssaf et autres) est tres important
> ainsi que la qualification de dissimulation.
> j'ai changé les termes utilisés pour ne pas etre en infraction avec le
> droit d'auteur
, mais je crois avoir correctement retranscrit la
> reflexion.
Il ne fallait pas. L'intérêt d'une consultation relève précisément du choix
des mots.
Pour en revenir à votre objection, il est exact que je me pose la même
interrogation.
Mais qu'une éventuelle requalification devrait être motivée en considérant
qu'il s'agit non pas d'une indemnité, mais d'un avantage salarial
complémentaire.
Le fait que cette somme soit versée pendant toute la durée du contrat de
travail donne des éléments en faveur d'une requalification. En revanche, une
clause bien pensée et bien appliquée devrait cesser d'être rémunérée lorsque
le montant total de l'indemnisation a été atteint. Et l'on serait bien dans
ce cadre face à une indemnité, destinée à compenser un préjudice certain,
bien que futur, occasionné par à la rupture, inéluctable, du contrat de
travail à durée déterminée et la sujétion à la clause de non-concurrence.
Pour donner un exemple concret :
Soit un employeur ER employéant un cadre commercial CC pour un salaire brut
contractuel de 3.000 ¤ / mois, ou 36.000 ¤ / an, assorti d'une clause de
non-concurrence de 2 ans, à portée territoriale limitée, et indemnisée à
hauteur de 20% du salaire brut moyen au jour de la rupture du contrat de
travail.
Et une politique d'application massive de la CNC par la société ER.
ER verse donc à CC son salaire mensuel brut de 3.000 ¤ / mois, majoré d'un
accompte sur l'indemnité de non-concurrence. En année N, cette indemnité de
non-concurrence est de 2x20% d'une année complette, soit 40% de 36.000 e =
14.400 ¤.
L'employeur peut choisir de verser ces 14.400 ¤ de la manière qu'il
souhaite. Et pourquoi pas par 1/12ème, ou 24ème...
Soit 600 ¤ supplémentaires par mois sur 24 mois, pour arriver au complet
paiement de l'indemnité de non-concurrence.
Or, en N+2, le salaire du cadre commercial aura certainement augmenté.
Mettons de 10%.
Ce qui donne un salaire en N+2 de 39.600
Et donc un droit à indemnité de15.840 ¤, au lieu de 14.400 ¤.
Soit une différence de 1.440 ¤.
Qui peut être versée en 3 mensualités de 600 ¤ , la dernière de 240.
Ou en 12 mensualités de 120 ¤.
....
Et à chaque fois que le salaire brut du salarié augmentera, l'employeur
complètera le montant de l'indemnité de non-concurrence.
Ce qui lui permet de connaître au jour le jour son coût salarial. Et de
s'assurer de la confidentialité de sa clientèle.
Si ce scénario est respecté, je ne vois rien qui donne lieu à
requalification en salaire d'une indemnité versée par anticipation.
Et surtout, le salarié a bien perçu un complément de revenu non-imposable ni
taxable, puisque constitué d'une indemnité. C'est globalement tout ce que
voit le salarié comme intérêt.
Celà étant précisé, je vais me pencher sur la jurisprudence qui a eu à
connaître de ces clauses, pour voir pourquoi les requalifications ont eu
lieu.
Car il ne faut pas se méprendre sur la nature des sommes versées. Ce n'est
pas un revenu au sens fiscal ou social. Ce n'est qu'une indemnisation.
Cordialement,
Ariel DAHAN
www.ddbd.com
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