Bonsoir,
Gérard Delerm a écrit :
> Bonsoir à nouveau,
> Quelqu'un pourrait-il me dire ce qui se passe dans une association 1901
> lorsque le bureau dans sa totalité démissionne brutalement ?
Qu'entendez-vous par bureau ? Ce terme n'a aucun sens juridique. Et il
est utilisé à tort et à travers alors que le seul sens valable et celui
qui lui attribué par les statuts de l'association concernée. Il ne
suffit pas que des statuts disent qu'un bureau existe pour que ce terme
signifie qu'un groupe de personnes soit d'une instance dirigeante.
Encore faut-il que les statuts attribuent à cette instance dirigeante
des pouvoirs, des compétences, et des procédures de fonctionnement. Il
existe autant de variantes concernant la composition, le fonctionnement,
les responsabilités et les compétences d'un bureau qu'il existe
d'associations dont les statuts contiennent ce terme
Les réponse qui suivent suppose que par ce terme soient désignés les
dirigeants principaux d'une association sans toutefois connaître
l'étendue de leur champ de compétence et de responsabilité.
Il s'agit d'une situation ubuesque plus fréquente qu'on l'imagine mais
qui fait courir de grands risques aux dirigeants démissionnaires qui
ignorent ces aspects juridiques.
> Qui reçoit ces démissions ?
Personne, le courrier doit être adresssé à la personne morale et à
l'adresse du siège social au nom du responsable telle que sa fonction
est désignée dans les statuts de l'association (dans la plupart des cas:
Monsieur le président, ou Mme, où M. Le Secretaire Général, ou Monsieur
le responsable, etc.).
> Qui est chargé de dissoudre l'association ou d'organiser de nouvelles
> élections ? Qui choisit entre les deux options ?
Personne, puisqu'en démissionnant ces dirigeants se sont interdits
d'avoir le droit d'agir au nom de la personne morale à compter de leur
jour de démission. Et que rares sont les statuts d'une association qui
prévoit la possibilité pour les membres "seuls" de provoquer une
assemblée générale sans passer par une des fonctions dirigeantes ou
l'une des instances dirigeantes.
Mais n'importe quel membre remplissant les conditions lui permettant
d'être encore considéré comme membre doit saisir le tribunal de grande
instance qui est le seul compétent dans ce cas d'espèce.
Si aucun membre ne met en oeuvre cette démarche la responsabilité civile
des derniers dirigeants restera engagée tant que des éléments de
fonctionnement ou de gestion de l'association existeront (et
particulièrement la trésorerie et les contrats en cours).
> Bien sûr, dans le cas où cette situation n'est pas prévue par les
> statuts
Il est intéressant de préciser qu'un dirigeant qui a démissionné reste
civilement responsable au titre de la fonction qu'il exerçait et des
attributs de cette fonction tels que définis dans les statuts. Cette
responsabilité civile continue (sauf à ce qu'il puisse prouver, dans le
cas où le fonctionnement normal de l'association n'apporterait pas de
solution à la vacance de sa fonction) avoir mis en oeuvre les
dispositions statutaires prévues pour combler la vacance de sa fonction
sinon pour provoquer la dissolution de l'association si le lancement de
la procédure d'une telle dissolution fait partie des attributs de sa
fonction.
Dans le cas d'espèce ici présent il semblerait qu'en démissionnant
simultanément les dirigeants se soient mis dans le cas où leur
responsabilité civile perdure au-delà de leur démission et qu'en même
temps ils aient créé l'impossibilité pour l'association de solutionner
la situation...
En clair par leur démission collective et simultanée ils ont paralysé
définitivement le fonctionnement de l'association tout en maintenant
leur responsabilité civile sans pouvoir remplir leurs fonctions (peut
être indéfiniment si la dissolution n'est pas prononcée par qui en a la
compétence : le tribunal de grande instance pour les associations
relevant de la loi de 1901).
Pour les associations relevant du droit local d'Alsace et de Moselle ce
droit local prévoit qu'une association cesse d'exister lorsque le
l'association est composée de moins de trois membres.
Le recours au tribunal sera probablement indispensable pour mettre un
point final à différents problèmes dont la dévolution du boni de
dissolution, la résiliation des différents contrats existants (comptes
bancaires, contrats d'assurance, etc.) sauf pour ses dirigeants à
risquer d'être appelé un jour en justice pour des accusations concernant
l'utilisation des fonds de trésorerie restant, les cotisations restant à
payer aux assurances ou à d'autres, etc.
Cordialement.
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le forum d'aide aux membres et dirigeants d'associations :
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