Pseudonyme Quelconque a écrit :
> Ou est-ce qu'il s'agit d'autre chose ? Y a-t-il une définition légale du
> prélèvement automatique ? Quelles sont les obligations de ma banque à ce
> niveau là ? Dois-je simplement clôturer mes comptes et aller voir
> ailleurs ?
Voici ce qu'écrivait l'UFC Que Choisir, le 27 mai 2003, concernant les
prélèvements automatiques.
L'article est disponible pour les abonnés à l'adresse suivante et
intégralement reproduit ci-dessous
(mini-lien impossible à créer, je ne sais d'ailleurs pas pourquoi)
http://www.quechoisir.org/Article.js...256D2B002B1E84
Prélèvement automatique 27/05/03
Le denier du compte
Incités plus ou moins fortement à payer par prélèvement automatique, les
clients ne sont pas toujours gagnants. En cause, les banques, qui
facturent des frais en cas d'annulation du prélèvement, quand elles ne
paient pas des créanciers sans en avoir reçu l'autorisation.
En 1955, EDF-GDF innovait en proposant à ses clients d'autoriser leurs
banques à puiser dans leurs comptes pour payer directement les factures
d'électricité et de gaz. Une facilité offerte à l'abonné, qui n'avait
plus à renvoyer ni chèque ni titre interbancaire de paiement (Tip)
signé. À l'usage, il est vite apparu que ce mode de paiement soulage
avant tout... le créancier.
Méthode musclée
Chez France Télécom, on reconnaît que le prélèvement automatique évite
un grand nombre d'impayés et permet de recevoir des règlements à dates
fixes, sans retard. Des avantages tels que certaines sociétés incitent
plus ou moins fortement leurs clients à payer par ce moyen. D'ailleurs,
du côté des opérateurs de téléphonie mobile, jusqu'à il y a peu, seul le
prélèvement était admis. Mais, en 1999, la Commission des clauses
abusives a recommandé que «soit éliminée des contrats la clause visant à
imposer le prélèvement automatique sur compte bancaire comme unique
moyen de paiement». Depuis, les trois opérateurs respectent cette
décision. Toutefois, SFR et Orange ont trouvé la parade pour inciter
leurs abonnés à continuer d'utiliser le prélèvement automatique : faire
payer les autres modes de paiement. Ainsi, 1,52 euro de frais est
réclamé à chaque paiement par chèque ou Tip chez SFR, et 76 euros de
dépôt de garantie sont exigés chez Orange. La même incitation musclée
est formulée à l'égard des abonnés France Télécom de la région Paca
(Provence-Alpes-Côte d'Azur). «Soit vous payez par prélèvement
automatique, soit vous nous déposez un chèque de caution représentant 18
fois le montant de l'abonnement, soit une somme de 234 euros», nous a
confirmé un employé d'une agence du Vaucluse. Un chèque de caution qui
sera encaissé puis restitué deux ans après l'ouverture de la ligne, ou à
la résiliation du contrat si elle a lieu avant ce délai. Par mesure
d'économie et de simplicité, le client va naturellement pencher pour le
prélèvement, sans forcément en imaginer les conséquences. Car, lorsque
rien ne va plus avec le créancier, mettre fin à l'autorisation afférente
engendre des coûts. Depuis six mois, Alexandre N., de Paris XVe, a
quelques soucis avec le câblo-opérateur Noos. «Cette société prélève
abusivement sur mon compte, chaque mois, deux fois 12,04 euros pour le
modem-câble, raconte-t-il. Or, le prix de la location de ce modem est
compris dans mon abonnement mensuel Cybercâble.» N'arrivant pas à se
faire entendre, Alexandre se tourne vers sa banque, la Caisse d'épargne
Île-de-France, pour demander la résiliation de l'autorisation de
prélèvement. Réponse de son agence : il doit faire opposition et cela
lui en coûtera 16 euros (voir encadré ci-dessous).
Voir la capture de l'encadré ici :
http://cjoint.com/?eelTUNsrQF
La dîme des banques
Des frais appliqués par la plupart des établissements bancaires. Et ce,
que le client demande de ne pas payer un prélèvement qui va se présenter
dans les jours à venir ou de supprimer définitivement une autorisation
de prélèvement. Une simple saisie informatique facturée entre 6,80 euros
et 16 euros selon les établissements. «Des tarifs d'autant plus abusifs
que certaines banques n'acceptent d'enregistrer la demande de
suppression que pour six mois, et impose au client qui souhaite la
réitérer de payer une nouvelle fois», constate Marie-Rose Maffre,
présidente de l'UFC-Que Choisir du sud de la Haute-Garonne. Depuis
l'avènement du téléphone portable et d'Internet, elle ne cesse de
rencontrer ce type de problèmes, tout en relevant que les frais ne
représentent qu'une partie des litiges. «Les banques refusent parfois
tout simplement d'annuler l'ordre de prélèvement tant qu'elles ne
reçoivent pas l'accord du créancier», ajoute-t-elle. Abusif, le banquier
n'a pas à se faire juge des rapports entre son client et un tiers: il
doit simplement enregistrer la révocation de l'ordre de prélèvement.
Paiement les yeux fermés
Autre type de litige, le paiement par les banquiers de créanciers sans
en avoir reçu l'autorisation expresse du client. Daniel B., de
Huisseau-sur-Cosson (41), en a fait les frais : «Abonné à Canal+, je
payais par prélèvement automatique. Puis, un jour, par téléphone, un
vendeur me propose un abonnement à CanalSatellite, que je refuse. Mais,
le mois suivant, je m'aperçois qu'un prélèvement a été fait sur mon
compte par la société CanalSatellite, en faveur de laquelle je n'ai
jamais signé d'autorisation. J'ai mis six mois pour être remboursé d'une
somme que ma banque a payée à tort à une société qui n'avait pas
d'autorisation valable à présenter.» Tout aussi abusive, cette pratique,
mise en exergue lors du rachat de la société LibertySurf par Tiscali. En
l'occurrence, les banques ont accepté de payer un créancier qui s'était
substitué au cocontractant pour lequel l'autorisation de prélèvement
avait été donnée. Rappelons pourtant cette règle : en l'absence de
nouvelle autorisation pour une entreprise précisément dénommée, la
banque ne doit pas payer les avis de prélèvements. Des méthodes
douteuses qui, dans certains cas, font du prélèvement automatique un
mode de règlement peu sûr et coûteux, et qui en freinent son extension.
Au final, les banques en font les frais en continuant à délivrer
gratuitement à leurs clients des chéquiers et à supporter les frais de
manipulations attachés à ce type de paiement.