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Un projet spartiate pour la Grèce
La Grèce a réussi hier son examen de passage devant la Commission
Européenne. "La Commission partage les objectifs ambitieux de réduction
du déficit budgétaire que le gouvernement grec s'est fixés ainsi que les
mesures budgétaires et les réformes structurelles annoncées dans le
programme de stabilité", a indiqué hier l'exécutif européen après que le
gouvernement Papandreou lui eut soumis le programme des grandes
manoeuvres budgétaires destinées à redresser les finances de son
pays. La Commission a notamment apprécié les mesures supplémentaires
proposées par la Grèce en terme d'enveloppe globale des salaires dans le
secteur public, d'augmentation des droits d'accises sur le fuel et de
réforme des retraites, qui appuieront davantage les ambitions du
programme 2010 / 2013 qui doit faire revenir au pas de charge le déficit
budgétaire du pays dans la limite des 3% imposée par le Traité.
L'exécutif européen demande désormais à la Grèce de quantifier ses
objectifs et de donner un calendrier de mise en oeuvre précis, tout en
notant que le gouvernement s'est dit disposé à faire des efforts
supplémentaires au besoin. "La Grèce a adopté un programme ambitieux en
vue de corriger ses déséquilibres budgétaires et de procéder à la
réforme de son économie", a expliqué hier le Commissaire européen à
l'économie Joaquin Almunia, en assurant le pays du soutien communautaire
"dans cette tâche difficile". Le pays n'échappera cependant pas à une
procédure d'infraction concernant ses services statistiques, pour leur
manque de fiabilité et les indications erronées qui avaient été données
sur les performances économiques 2008.
Athènes s'est engagée à réduire son déficit de 4 points au moins dès
cette année pour le ramener à 8,7%, puis de le réduire à 5,6% dès 2011
et à 2,8% en 2012. A cette fin, les exonérations fiscales vont
disparaître, les taxes sur le tabac, l'alcool et le carburant
s'accroître et les salaires des fonctionnaires être gelés. Un plan de
rigueur sévère sera appliqué aux finances publiques, avec réorganisation
de l'administration fiscale, et une réforme des retraites sera
engagée. La Grèce sera surveillée de près. Elle aura à transmettre un
premier rapport à la mi-mars 2010, puis des rapports d'étape tous les
trimestres à partir de mai à la Commission. Pour l'économiste Marco
Annunziata, d'Unicredit, les déclarations de la Commission sonnent comme
"bel effort, mais peut et doit mieux faire".
Les économistes s'interrogent désormais sur l'éventualité d'une aide
financière pour appuyer la Grèce. Almunia a réaffirmé hier être
"entièrement convaincu" que l'UE et l'Union Monétaire ont "suffisamment
d'instruments pour relever le défi posé par les déficits nationaux",
écartant de fait un éventuel soutien du Fonds Monétaire
International. La semaine dernière, Dominique Strauss-Kahn, le patron du
FMI, s'était déclaré prêt à apporter un concours financier à Athènes. Ce
matin sur les ondes de RTL, l'ancien ministre des finances français a
confirmé que son organisation se tenait prête "si on nous demande
d'intervenir". Il a également précisé que les pays de la Zone Euro ont
"pris conscience de la situation" et qu'ils ne laisseront pas tomber le
pays. Marco Annunziata pense que la trame mise en place pourrait
conduire à un éventuel "paquet d'assistance financière", mais "que la
façon dont il serait apporté n'est pas encore claire du tout", d'autant
que la Grèce comme la Commission souhaitent sans doute éviter cette
extrémité.
Le gouvernement Papandreou a désormais un plan de guerre presque ficelé
et le soutien de la Commission, qui, s'il n'est pas inconditionnel, n'en
demeurait pas moins requis. Le plus dur reste pourtant à faire. Vu
l'austérité du programme présenté, il n'est pas difficile d'imaginer
quelle sera la popularité de l'exécutif grec dans les prochaines
semaines. Le peuple gronde déjà et des manifestations monstres sont
attendues dans le pays, jusqu'au vote du parlement sur le projet en mars
prochain. Pris entre le marteau et l'enclume, Georges Papandreou va
devoir faire front sans céder d'un pouce, au risque de voir la
Commission durcir encore sa position.
http://www.boursier.com/vals/all/un-...ce-eco-186.htm
remerciements,
[fff],
Et si nous continuons avec cette Europe, ce sera notre tour un jour et
aussi celui de l'Allemagne.