Un récent article dans le Figaro économie signale un début de tension sur
les salaires et un autre titre sur "Des révendications auxquelles les
entreprises ne peuvent répondre":
http://www.lefigaro.fr/economie/2008...-repondre-.php http://tinyurl.com/2g7ww2
Le titre parait plutot orienté mais le contenu de l'article contient bon
nombre déléments qui méritent d'etre signalés:
"Depuis 25 ans, le salaire des Français n'a pas progressé, malgré les
différences selon les catégories"
Non ce n'est pas Lutte Ouvrière qui publie cet article mais le très
bourgeois Figaro!
"Il existe un double problème avec les salaires en France : d'une part les
salariés ont globalement raison quand ils estiment que leurs revenus ne
progressent pas assez vite par rapport au coût de la vie. Mais, en même
temps, les entreprises ne peuvent pas se permettre d'augmenter démesurément
leur masse salariale si elles veulent rester compétitives"*
Après avoir cité des chiffres que l'on connait par les discours officiels
l'article précise:
"Mais ces indicateurs ne portent que sur les salaires les plus bas. Pour
mieux mesurer la réalité, l'Insee a publié récemment une étude sur « le
revenu salarial et ses composantes », s'intéressant à l'ensemble des
travailleurs. Les auteurs y démontrent qu'en réalité le revenu salarial
moyen a stagné depuis le début des années 1980, en euro constant. La
progression du salaire horaire par tête due à l'amélioration de la
productivité est compensée par le fort développement de l'emploi à temps
partiel au cours des 25 dernières années"
On peut ajouter que d'après l'étude de l'INSEE à la quelle l'article semble
se référer c'est aussi le progrès de la précarité avec ces nombreuses
ruptures de courte durée non considéré comme chomage au sens du BIT qui est
à l'origine de cette baisse d'heures rémunérées.:
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/SALFRA07ac.PDF
Voir graphiques P11 ,12,13
On regardant ces graphiques on constate aussi que le pouvoir d'achat du
revenu salarial non seulement est resté bloqué au niveau de 1978 mais qu'il
a reculé nettement depuis 2002 à 2005.
Le reste de l'article est plus banal, après ce constat que les entreprises
"ne peuvent pas" augmenter la masse salariale on exlique qu'il faudra donc
baisser les cotisations patronales:
"Ce double dilemme appelle une solution commune : la baisse globale des
charges et des prélèvements obligatoires. Aujourd'hui, les salaires
n'entrent en effet qu'à hauteur de 60 % dans la composition du revenu
disponible brut des ménages, principal indicateur pour mesurer le pouvoir
d'achat. Le reste est constitué par les taxes, les charges sociales ou
encore les pensions perçues. "
"
" C'est donc vers des mesures permettant d'accroître les revenus disponibles
en allégeant le poids de la fiscalité qu'on devrait s'orienter pour modifier
la perception de l'évolution du pouvoir d'achat » , recommande Laurence
Boone, économiste chez Barclays Capital"
Alléger le poids de la "fiscalité"(on n'hésite plus à appeller des
cotisations des assurances sociales de la" fiscalité") pour accroitre les
revenus disponibles.?
CAD alléger les transferts sociaux qui réprésentent environ 30% du revenu
brut des ménages pour accroitre ces revenus? Celà parait hasardeux.
Et qu'est ce qui garanti que "l'économie"ainsi réalisé sur le dos des
retraités, familles nombreuses, malades et chomeurs soit réellemebnt
retituée au salariés?
Il est vrai que Mr Boone" économiste", précise qu'il s'agit de modifier la
perception et non la réalité, CAD un tour de passe.
En tout cas il semble qu'il s'agit la bien de la politique proné par le
patronat que le gouvernement a commencé à tester sur les retraités et les
malades...
Il est de plus en plus clair que le système en place contraint par la libre
circulation des capitaux et des marchandises qu'il a lui meme imposé à la
société, n'est plus en mesure
de maintenir le niveau de vie des salariés avant ,pendant et surtout après
leur vie active.
--
amicalement tijl
*compétitivité peut ici avoir un double sens, celle des prix de revient des
produits sur le marché et celle du rendement des actions en dividendes et
plus values
qui déterminent les cours de bourse et la propension à délocaliser.