Voici un article que j'ai publié, il y a quelques
années sur le site du Mouvement de la Condition
Paternelle.
Je crois qu'il continue de répondre à beaucoup de
questions que certaines et certains se posent ici.
http://www.fmcp.org/resi_par/pensions.htm
Notre approche des pensions alimentaires.
Concernant les pensions alimentaires, avant
d'aborder la question de leur montant, il faudrait
redéfinir leur rôle !
Ce qu'elles ne doivent (ou devraient) pas être :
(sauf accord sincère du payeur )
a.. une taxe sur le salaire,
b.. une amende pour des fautes commises,
c.. une monnaie d'échange contre un droit de
visite,
d.. un moyen de déculpabiliser ou d'excuser
celui qui ne peut ou ne veut s'occuper de son
enfant,
e.. un symbole du maintien des rôles
ancestraux,
f.. un salaire maternel
Elles sont (ou devraient être) un moyen de
rééquilibrage du partage du coût de l'enfant
Il faut donc prendre en compte les frais engagés
par les deux parents pour leur enfant, logement,
vacances etc, prendre en compte ce que " rapporte
" l'enfant: abattements fiscaux, allocations
familiales, allocation logement, allocation de
rentrée etc, et prendre en compte les conceptions
éducatives des parents. (L'enfant doit-il être
élevé à la dure ou gaté-pourri ?)
Cela est-t-il trop complexe ? Pour un juge, de par
son rôle, oui.
De plus, ces éléments sont variables, et donc les
fixer de façon rigide est contraire au bon sens.
Qui peut y parvenir ? Les parents " normaux "
partagent maintenant à deux l'exercice de
l'autorité parentale, ils sont donc considérés
comme responsables parce que n'ayant jamais failli
à leurs responsabilités.
Ils sont de ce fait les mieux placés ?
La médiation familiale doit être utilisée pour les
aider, par la négociation, à mettre en place un
modus vivendi ?
Prendre une décision autoritaire, et forcément
arbitraire, n'est-ce pas introduire dans la
relation parentale un sujet de conflit, de rancour
?
Pire, baser cette décision en fonction d'une
vision ségrégationniste des rôles hommes-femmes,
n'est-ce pas introduire un rapport de force
déséquilibrant dans la relation parentale et donc
risquant de rendre encore plus difficile le
maintien de leur capacité de concertation et de
concessions comme avant leur séparation pour
assumer l'exercice conjoint de l'autorité
parentale que leur accorde enfin la loi ?
Il y a donc une contradiction flagrante entre la
condamnation à pension et un exercice en commun de
l'autorité parentale.
On l'aura compris, hormis les cas de parents
"pathologiques" - qui en l'absence d'un rapport de
force extérieur se révèleraient marginaux -c'est
par la médiation familiale que ces questions
financières comme toute autre question relative
aux prérogatives des parents coresponsables
doivent être traitées.