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Placement obligataire : quelle enveloppe fiscale choisir ?
[ 29/06/09 - 01H28 ]
Les intérêts d'une obligation sont imposés. Mais la fiscalité n'est pas la
même selon qu'il s'agit d'un compte titres ou d'une assurance-vie.
Malheureusement, le choix n'est pas toujours possible, tout dépend de la
nature de l'emprunt.
Les intérêts versés par les emprunts d'état ou d'entreprises privées ainsi
que les éventuelles plus-values réalisées sur ces titres, différent selon
qu'ils sont placés sur un compte titres ou sur une assurance-vie. Le choix
de l'enveloppe fiscale n'est toutefois pas toujours possible, tout dépend de
l'emprunt.
" Pour pouvoir mettre une obligation dans une assurance-vie il faut que cet
emprunt puisse être acheté par les assureurs, car c'est l'assureur qui le
détient pour le compte de l'assuré. Ainsi, l'emprunt EDF 4,5% étant
strictement réservé aux particuliers, il ne peut pas être inclus dans une
assurance vie ", explique d'emblée Antoine Limarre, directeur financier de
Nortia, concepteur de placements financiers. Le futur emprunt Sarkozy, qui
sera ouvert aux particuliers pour une part, devrait pouvoir être logé dans
l'enveloppe assurance-vie. Si cet emprunt avait été strictement réservé aux
particuliers, ils auraient dû alors se contenter du compte titres, puisque
les assureurs, parmi les gros gros investisseurs institutionnels, n'auraient
pas pu acquérir de titres. " Afin de faire profiter leurs clients du régime
de l'assurance-vie, les spécialistes proposent des structurations de
crédits, c'est-à-dire des montages obligataires, par exemple, via des CDS
(credit default swap) qui sont des instruments sur mesure permettant de
proposer des obligations d'état ou d'entreprises émis par un établissement
financier de premier ordre ", précise Antoine Limarre.
La fiscalité applicable aux emprunts logés dans un compte titres
Dans un compte titres, les intérêts versés par un emprunt subissent :
- des prélèvements sociaux à hauteur de 12,1% sur les intérêts ;
- et une imposition, au choix de l'épargnant, au taux de l'impôt sur le
revenu ou au prélèvement fiscal libératoire (aujourd'hui de 18%).
Voici pour les personnes imposées les rémunérations brutes et nettes :
Rendement brut (avant prélèvements sociaux et impôts)Rendement net (après
prélèvements sociaux et impôts)
7,8%5,45%
7%4,89%
6,5%4,54%
6%4,19%
5,5%3,84%
5%3,50%
4,5%3,15%
Sauf si elle est revendue avant son remboursement, une obligation est
remboursée à sa valeur initiale. L'épargnant n'a donc pas de plus-value à
déclarer. Cependant, s'il revend son obligation avant la date de
remboursement, il peut faire une plus-value laquelle sera imposable. En
effet, si vous décidez de vendre vos titres d'emprunt avant l'échéance, leur
valeur peut varier à la hausse ou à la baisse. Le cours de l'emprunt montera
si les taux d'intérêt du marché baissent.
Si vous vendez vos titres d'emprunt avec un gain vous serez alors taxés si
vous dépassez le seuil annuel de cession de valeurs mobilières qui est de
25.730 euros pour 2009. Le taux d'imposition sera alors de 30,1% (12,1% de
prélèvements sociaux + 18% de prélèvement fiscal forfaitaire ou impôt sur le
revenu selon votre choix) sur la totalité des bénéfices réalisés dans
l'année.
Exemple : Vous avez souscrit à un emprunt le 19 octobre 2008 pour un montant
de 10.000 euros, deux ans plus tard vous cédez vos titres pour 11.200 euros.
Votre plus-value imposable sera de 1.200 euros.
La fiscalité applicable aux emprunts dans une assurance-vie
" Le rendement annuel servi par l'obligation ou le montage obligataire n'est
pas imposable tant que l'on ne sort pas de l'assurance vie. En effet,
l'obligation ou le montage obligataire est considéré comme une unité de
compte classique et suit donc le même régime ", indique Antoine Limarre.
Intégrés dans un contrat d'assurance vie, les intérêts versés par les
obligations et emprunts d'état suivent alors la fiscalité particulière
applicable au contrat et tant qu'ils restent dans le contrat, ils ne
subissent pas d'imposition.
L'imposition ne se déclenche qu'au moment de la sortie du contrat. Dans ce
cas l'imposition, qui est celle traditionnelle de l'assurance-vie, est la
suivante :
- les quatre premières années : 35% de prélèvement fiscal (ou choix de
l'impôt sur le revenu) + les prélèvements sociaux à 12,10%, soit 47,1%.
- du début de la cinquième année à la huitième : 15% de prélèvement fiscal
(ou choix de l'impôt sur le revenu)+ les prélèvements sociaux à 12,10%, soit
27,1%.
- et au delà de 8 ans : 7,5% de prélèvement fiscal (ou choix de l'impôt sur
le revenu)+ les prélèvements sociaux à 12,10%, soit 19,6% et après un
abattement annuel de 9.600 euros pour un couple.
En fait, l'assurance vie est préférable dès que la sortie du contrat a lieu
au delà des quatre premières années. En outre, lorsque la sortie de capitaux
du contrat d'assurance vie n'est que partielle, les versements effectués sur
le contrat et la valeur du contrat sont également pris en compte, ce qui
atténue fortement les gains imposables.
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