Re: un bon plan Le Thu, 26 May 2005 11:01:43 +0200, otium a écrit*:
> En fait, sncf se comporte non comme un service public, mais comme un gras
> monopole.
Bah moi je trouve que c'est ni l'un ni l'autre.
Pas un **service** public, mais un prestataire de service d'intérêt
général (cf. une des quelques très bonnes "formalisations" de la
constitution). C'est à dire une boîte comme Suez pour la flotte, qui
produit un service dont tout le monde a besoin.
C'est à dire le TER structurellement non rentable, qui est facturé aux
régions : les régions demandent des services, et la SNCF facture. On
peut appeler ca un service subventionné, mais quand la Région Nord offre
le train à 1 EUR pour aller à la mer, si elle le faisait avec des taxis,
ca ne ferait pas du taxi un service public.
Un service public, c'est les machins régaliens avec des fonctionnaires
dedans.
Monopole : y'en a pas pour le fret (bon, ca fait deux ans que c'est
ouvert, pour l'instant, y'a personne qui est venu faire circuler un seul
train...) et pour les voyageurs, ca va venir dans quelques années...
Mais c'est vraiment rentable de transporter des personnes partout ? Pour
les voyageurs, aux tarifs actuels, et aux normes de sécurité actuelles,
seuls les trains remplis à 80% sont rentables. Donc la concurrence ne
sera que sur l'axe Lille/Paris/Lyon/Marseille aux heures de pointe (et
aussi sur les services autres, comme le train pour la mer, à condition
de marge minuscule, cf. une des 4 conditions structurelle déterminantes
pour l'accès à une subvention dans les textes de la Commission
Européenne).
Sachant que sur ces mêmes axes, en heure de pointe, il y a
déjà un TGV toutes les 5 minutes, donc bon, l'équation n'est pas si
simple.
Autre chose : les autres activités de la SNCF (maintenance de matériel
roulant, formation de cheminots et mécaniciens de la concurrence,
entretien des voies, tests de nouveaux matériels, expertise qualité
ou sécurité...) sont entièrement concurrentielles, dans un sens comme
dans l'autre. Une unité d'exploitation peut choisir de faire réparer son
matos à l'Etablissement SNCF, ou chez le constructeur Alstom, chez
Bombardier, voire chez l'artisan du coin si le chef estime que ca peut
faire l'affaire. Idem, il y a des circuits de tests en Allemagne, en
Espagne, aux Etats-Unis... Tout est fait à base de facturation interne.
On sait précisément le CA de chaque branche, sa part de marché sur ses
produits, son résultat, les marges, etc.
Idem pour les bonhommes : quand tu montes un chantier, tu as le choix
entre des cheminots qu'on te facturera 30 EUR de l'heure, et des
intérimaires pour lesquels tu peux avoir 12 EUR de l'heure si tu prends
du volume. Idem pour tes cadres, tu vas les chercher où tu veux, tu as
une grille tarifaire selon les qualifs à la SNCF, et tu as le droit de
demander ailleurs.
C'est d'ailleurs génial pour énerver les syndicats : pas besoin de
toucher au statut, suffit de donner aux cadres des objectifs de
rentabilité, et le droit d'aller chercher des moyens ailleurs.
L'ajustement se fait tout seul !
Bon, donc : oui, c'est la constitution de la cagnotte, c'est dans les
consignes. La prochaine étape, ca sera de larguer les poids lourds que
l'Etat ne veut pas subventionner (finalement, pourquoi on se fait chier à
proposer du fret en France ? on a le droit de dire qu'en France, le
transport c'est 100% camion, et tant pis pour la filière bois en France,
pour qui les tarifs SNCF étaient les seuls qui étaient inférieurs
aux prix de revient de la marchandise...). Mais pour ca, faut un nouveau
président à la SNCF ---> :-) |