Point sur les turbulences de la zone euro Selon une information publiée par le Financial Times, les traders et hedge funds ont enclenché 40 000 contrats contre la monnaie unique européenne pour un total de 6 milliards d'euros ces derniers jours. C'est la première fois qu'une telle somme est engagée pour parier sur la chute de l'euro face aux autres devises du marché des changes.
Depuis plusieurs semaines, les responsables de la zone euro, notamment les pays pointés du doigt pour leurs déficits (Portugal, Grèce et Espagne) accusent les hedge funds d'être responsables d'une détérioration de la situation. Deux hedge funds américains sont notamment pointés du doigt par Athènes. La capacité de nuisance de ces fonds spéculatifs est importante. L'histoire nous enseigne qu'il convient de s'en méfier. En effet, en 1992, le plus célèbre dirigeant de hedge funds, Georges Soros avait réussi l'exploit de «*faire sauter la Banque d'Angleterre*» et de pousser la livre sterling hors du SME en empochant au passage près d'un milliard de dollars.
Depuis plusieurs jours, la zone euro tente de rassurer les investisseurs. Le signal tant attendu par ces derniers pourrait être enfin arrivé. En effet, Bruxelles vient d'annoncer la tenue d'une réunion exceptionnelle ce jeudi des Chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro pour discuter de la crise économique et des moyens de préserver le modèle social européen. Jean Claude Trichet, dirigeant de la BCE, est aussi convié à cette rencontre. Selon des fuites en France et en Allemagne, cette réunion pourrait être l'occasion pour Bruxelles d'officialiser une aide à la Grèce. Jusqu'à maintenant, cette hypothèse avait été exclue mais la pression des marchés pousse l'Europe à agir. Dans un tel cas de figure, la monnaie unique européenne pourrait momentanément retrouver quelques couleurs face aux autres monnaies. |