Echec de la BoJ à limiter la hausse du yen Tout au long du week-end, de nombreuses rumeurs ont circulé au sujet d’une éventuelle intervention de la banque centrale japonaise sur le marché des changes, ce qui aurait constitué une première depuis son intervention de 2004. Même le Wall Street Journal, le célèbre quotidien de New York, laissait entendre que la nouvelle rhétorique japonaise laissait supposer une intervention.
En fait, il ne fut question que de nouvelles mesures d’assouplissement quantitatif, clairement insuffisantes à freiner la hausse du yen. Revenu d’urgence des Etats-Unis où il avait assisté, sur invitation de la Fed, à la rencontre annuelle des principaux banquiers centraux, le gouverneur de la BoJ a cédé aux pressions politiques en convoquant une réunion extraordinaire du comité de politique monétaire de l’institution.
Bilan*: maintien des taux d’intérêt à 0.1%, comme prévu, et augmentation du montant des prêts à taux fixes à destination des banques à 30*000 milliards de yens contre 20*000 milliards précédemment.
Un seul membre du comité de politique monétaire n’a pas jugé opportun de voter ne faveur de ces nouvelles mesures d’assouplissement.
Ces mesures viennent compléter tout un nouvel arsenal annoncé vendredi dernier par le Premier ministre nippon, qui comprend notamment un plan visant à inciter les entreprises nippones à investir dans le pays plutôt qu’à délocaliser et, par conséquent, à détruire des emplois.
Cependant, ces nouvelles mesures n’ont quasiment pas eu d’effets sur les marchés financiers. Le Nikkei a perdu une partie des gains accumulés alors que les investisseurs attendaient des mesures plus ambitieuses. Pire encore, le yen n’a presque pas réagi dans l’immédiat.
En milieu de séance européenne, la situation s’est encore plus détériorée puisque la monnaie japonaise a connu une percée face aux principales devises du marché des changes, à la faveur de l’aversion au risque.
Comme le font remarquer les analystes du Forex, tant que la croissance économique dans les principaux pays industrialisés ne se sera pas rétablie davantage, l’aversion au risque poussera instinctivement les investisseurs à se replier sur le yen.
Enfin, sur le marché des matières premières, alors que peu de nouvelles données économiques sont attendues aujourd’hui, les investisseurs ont jugé particulièrement opportuns de vendre afin de profiter de prises de bénéfices. Dans l’ensemble, les investisseurs s’attendent à ce que le baril de brut évolue dans le court terme entre 70 et 77 dollars US. |