www.juristprudence.c.la <juristprudence@online.fr> wrote:
> <deltaplan@free.fr> a écrit dans le message de news:
> 1ioe7s7.xa1pgz9c7zxxN%deltaplan@free.fr...
> > Il y a de cela environ 6 mois, son employeur l'a brutalement rétrogradé
> si c'est brutal, c'est sans son consentement, donc inopposable au salarié
> > faisant état d'un plan de reclassement pour toute l'entreprise, motivé
> > par d'importantes difficultés de l'entreprise (difficultés totalement
> > réelles, il n'y a guère de doute là-dessus).
> il lui a peut être fait une "proposition" et elle est restée silencieuse ?
> il faudrait savoir de quoi il s'agit REELLEMENT !
Plus précisément...
Un beau jour, son employeur lui a fait remettre un courrier en mains
propres, contre signature d'un reçu. Ce courrier, très bref, l'informait
que conformément au plan de restructuration et à la définition d'un
nouveau "plan de carrière" dans l'entreprise, elle faisait l'objet d'un
reclassement à un poste de "commerciale junior", et que son nouveau
salaire était fixé à environ 1500¤ (moitié moins que l'ancien salaire).
Ce n'était pas une proposition, mais clairement une décision de
reclassement totalement unilatérale. Il n'avait même jamais été évoqué
un tel plan de reclassement avant que le courrier arrive. (à noter que
la plupart des employés de l'entreprise ont reçu, le même jour, un
courrier similaire, avec à chaque fois des baisses de salaire, mais qu'à
sa connaissance aucun n'a osé les contester car ils ont tous très peur
de perdre leur emploi, sachant très bien qu'il leur sera extrèmement
difficile d'en retrouver un)
Elle a répondu à ce courrier en indiquant qu'elle prenait acte de ce
reclassement, mais qu'elle ne pouvait pas accepter la baisse de salaire,
cela d'autant plus que ce salaire ne lui permettrait pas de faire face à
ses engagements notamment par rapport au prêt qu'elle a souscrit
quelques années auparavent pour sa maison.
Son employeur lui a alors répondu que d'une part, il constatait que
puisqu'elle avait continué à travailler dans l'entreprise, c'est qu'elle
acceptait le reclassement, et que d'autre part il ne pouvait pas laisser
dire qu'il s'agisse d'une baisse de salaire, puisqu'il y aurait
désormais une prime sur objectifs (non précisée dans le courrier
annonçant le reclassement, et qui n'a fait l'objet d'aucun écrit autre
que cette réponse à son courrier), qui viendrait compléter ce salaire
fixe, et que pourvu qu'elle atteignait au moins à 100% ses objectifs de
vente elle toucherait au minimum autant qu'avec son ancien salaire.
Seul problème : ses objectifs de vente, correspondant à un maintient du
chiffre de ventes de l'année précédente, alors que le marché sur lequel
est cette entreprise s'est totalement effondré, chaque année il est au
moins divisé par 2 ou 3, et ça depuis un bon moment déjà. Aujourd'hui,
il est devenu impossible de trouver le moindre nouveau client tant le
produit qu'ils vendent est obsolète, il ne leur reste plus que les
anciens clients qui achètent un peu de prestations de maintenance pour
leur parc existant, et encore ça ne saurait durer indéfiniment.
> > Concrêtement, on lui demandait toujours le même travail, mais l'intitulé
> > de son poste fait disparaitre toute notion de responsabilité (en gros,
> > elle passait de "responsable commerciale" à "commerciale junior")
> peu importe la dénomination, c'est la grille des classifications
> conventionnelles qui serait ici utile
Je ne sais pas ce qu'il en est à ce niveau-là. C'est dans le domaine des
télécommunications.
> > son
> > salaire étant divisé grosso-modo par deux (je dis "grosso-modo", car
> > l'employeur conteste avoir baissé son salaire, en effet jusque là elle
> > touchait un salaire uniquement constitué d'un fixe, sans aucune
> > commission sur ses ventes, alors que suite au reclassement son salaire
> > devenait constitué d'un fixe égal à la moitié de son ancien salaire,
> > plus une prime sur objectifs permettant théoriquement d'atteindre, voir
> > même de dépasser l'ancien salaire - mais avec des objectifs totalement
> > impossibles à atteindre).
> que l'employeur conteste ou pas importe peu !
> ou bien il a agit seul et donc la novation contractuelle n'existe pas
> ou bien il a notifié une proposition par lettre recommandée et l'intéressée
> a pu consentir par son silence supérieur à un mois
Il l'a informé de son reclassement par lettre remise en mains propres,
sans préciser s'il s'agissait d'une proposition ou pas.
Il est avéré que la lettre en question a été remise - comme par hasard -
juste avant le départ en congés de ma belle soeur. Elle leur a remis sa
réponse par écrit, là encore une lettre remise en mains propres, à son
retour, un peu plus d'un mois plus tard environ.
> >Après quelques
> > tergiversations, c'est désormais chose faite, elle est licenciée pour
> > perte de confiance.
> MDR !!! c'est ça le " VRAI " motif inscrit dans la lettre de licenciement
> .????????????????????????????????????????????????? ???
> si oui ; s'il n'y a que ça, c'est le "jackpot judiciaire "
Oui, enfin c'est un peu plus compliqué que cela. Elle a fait savoir à
son supérieur hiérarchique direct qu'elle ne comptait pas démissionner,
mais qu'elle souhaitait arriver au plus vite à un licenciement, et
qu'elle était en négociation dans ce sens avec les RH.
Compte-tenu de cela, elle a continué à travailler normalement avec ses
clients habituels. En revanche, lorsque son supérieur hiérarchique lui a
demandé de s'impliquer dans le lancement d'un nouveau projet, prévu pour
durer 2 ans, elle a refusé ce travail, lui précisant qu'elle ne voulait
pas se voir reprocher d'avoir accepté la responsabilité d'un projet de 2
ans tout en se sachant sur le départ, ce qui aurait clairement fait
courir un risque important à la pérénnité du projet, d'autant plus que
compte-tenu des circonstances elle n'a pas la tête à ça.
La lettre de licenciement indique comme motif une perte de confiance,
engrendrée entre autres par son refus de travailler sur ce nouveau
projet.
> > Seulement problème, le calcul de son solde de tous comptes... Il
> > comprend essentiellement le paiement de ses congés payés, de l'indemnité
> > prévue à son contrat de travail pour la clause de non-concurrence. Elle
> > considère que ces sommes devraient être calculées sur la base de son
> > ancien salaire, et non du salaire réduit suite au "reclassement".
> bis repetita :
> soit la novation est valable,
> soit elle ne l'est pas
Elle ne conteste pas aujourd'hui la validité du reclassement. Elle ne
conteste que la validité de la baisse de salaire, mais tout en sachant
que son employeur nie le fait même qu'il y ait eu baisse de salaire
(bien que dans la pratique, elle a touché un salaire réduit de moitié
depuis ce reclassement...)
> > Elle a donc refusé de signer le solde de tout compte, et par là-même n'a
> > pu obtenir le chèque...
> donc lettre recommùandée :
> "vous avez refusé de me remettre le chèque de mon solde de tout compte en
> exigeant que je signe un reçu à effet libératoire ;
> cette " voie de fait" étant pénalement sanctionnable,
> si vous ne faites pas déposer ce chèque dans ma boîte aux lettre d'ici
> vendredi 11H59, je saisirais le conseil de prud'hommes à 14H01 avec copie de
> la présente à l'inspection du travail !"
Elle a déjà informé l'inspection du travail sur ce point (entre autres),
mais la réponse qui lui a été faite ne lui laisse guère d'espoir : en
gros on lui dit "on est de votre côté, ils n'ont pas le droit de faire
ça, mais posez-vous surtout la question de pouvoir retrouver un emploi,
vous devriez avant toute chose essayer de négocier le retrait de votre
clause de non-concurrence".
C'est justement la raison pour laquelle elle a tenté d'organiser une
réunion de négociation avec la direction de l'entreprise, pour tenter
d'obtenir le retrait de cette clause de non-concurrence en échange de
son acceptation du solde de tous comptes "tel quel", et de sa
renonciation à tout recours sur la validité du reclassement...
A noter aussi qu'ils ne lui ont pas explicitement refusé de lui remettre
le chèque, c'est elle qui n'a pas voulu le prendre, craignant de perdre
toute chance d'obtenir plus par la suite. Elle n'a même pas essayé de
voir s'ils auraient accepté de lui remettre le chèque sans qu'elle signe
le solde de tout compte, pour elle c'était de toutes manières un "tout"
indissociable et irrévoquable. (je pense qu'elle a eu tord sur ce
point...)
Aujourd'hui, ils ne lui proposent plus aucun solde de tous comptes, pour
eux elle a refusé leur chèque, l'affaire est finie elle n'aura rien du
tout. Ils lui ont même dit un truc du genre : "vous n'aurez jamais rien,
on préfère dépenser une fortune en frais d'avocats que de vous verser
quoi que ce soit". Il est clair aussi qu'ils jouent peut-être la montre
sur ordre de la maison mère (société étrangère), car vu la santé de
l'entreprise, un dépôt de bilan de cette filiale pourrait être
totalement envisageable à assez court terme...
> > A contrario, si elle accepte ce solde de tous comptes tel quel,
> > pourrait-elle considérer que
> un salarié qui accepte de signe run reçu libératoire
> dispose de SIX MOIS pour le dénoncer
> elle a donc le temps d'étayer son argumentaire ou de consulter syndicats,
> avocats... et beau-frère ;o}
Le problème c'est qu'elle n'a que peu de temps pour savoir si elle peut
se lancer "tête brûlée" à accepter un emploi chez un concurrent, ou si
elle doit faire son deuil de l'unique possibilité de retravailler qui
s'offre à elle à court terme...